Roland Guedj dit “Roland la brocante”

Roland Guedj dit “Roland la brocante”

Roland Guedj

roland guedj

roland guedj

Roland Guedj dit “Roland la brocante”

Ses pépites fifties et ses apéros-vernissages font courir le tout-Montorgueil. Dans sa boutique, Roland Guedj, 57 ans, est assis entre sa machine à café et ses bocaux de bonbecs (pour les gosses du quartier) ; cerné par ses trouvailles des années 50-60. Esprit large, Roland insère également ici ou là quelques pièces Art déco ou seventies. Dans les 48 m2 de ce mini-entrepôt, le choix est limité mais les prix sont flexibles : un ventilateur Calor ivoire, de cinquante ans, soufflant avec la vitalité d’un modèle neuf pour 75 €, ça ne court pas les brocantes. Ni de petites horloges des fifties, roses ou vertes, de 15 à 45 €. Ni un pupitre d’écolier en parfait état, à 50 €. Ni des fauteuils du Parlement européen en cuir et piètement pivotant, en métal, à 300 € la paire. Ni… Et puis Roland laisse chaque mois ses murs à la disposition d’artistes qu’il expose à tour de rôle, au coup de cœur, du peintre au récupérateur-sculpteur de ferraille.

Voir l’article de Télérama

“Je ne me vois pas en simple boutiquier”, explique celui dont les apéros-vernissages sont devenus un “spot” de convivialité du secteur Montorgueil. Les riverains se sont d’ailleurs mobilisés lorsque Roland, las de se voir “coller des prunes” pour avoir mis sur la chaussée un panneau indiquant sa brocante-galerie, a failli jeter le gant. “Je crée du lien social, je ne vends pas de la camelote et ces ‘punitions’ me semblaient injustes.” Une pétition de cinq cents signatures plus tard, et fini les PV ! Roland a été regonflé à bloc par cette solidarité. La même qui l’avait poussé à créer, en 1992, l’association Demain Cuba, au retour de vacances au pays de Castro. Elle distribuait des excédents de lait aux enfants mal-nourris et construisait des petites fermes-écoles. Cinq ans d’engagement à plein-temps pour l’ancien négociant en foie gras !

Roland ou l’homme aux dix vies… Dont celle qui l’a beaucoup fait vivre, chanter et danser la nuit, lorsqu’il a tour à tour ouvert la Casa 128, l’Opus Latino, le Panama Club ; quand il ne produisait pas un CD avec Raul Paz : de vieilles chansons françaises réinstrumentalisées sur des rythmes de boléro. “L’argent n’a jamais été mon moteur. La découverte et le défi, oui” : l’idéal de l’homme d’Idéa !